Avant le développement d’Ultime Errance, j’ai expérimenté la réalisation à travers plusieurs courts-métrages et productions personnelles. Ces projets m’ont permis de travailler avec des comédiens, organiser des prises de vues, construire des plans, expérimenter le montage et les effets visuels et surtout mener des réalisations jusqu’à leur finalisation.
Pour ce projet, j’ai transformé mon propre salon en petit studio de tournage. À l’aide de mon matériel de photographe, j’ai installé un grand fond vert et conçu moi-même l’éclairage afin de recréer l’ambiance lumineuse d’un véritable plateau de télévision. Les deux comédiens n’étant pas disponibles simultanément, leurs scènes ont été tournées séparément, à plusieurs jours d’intervalle, sans qu’ils ne se croisent réellement devant la caméra.
Ce projet m’a obligé à penser la scène avant même que son décor définitif n’existe. Les contraintes de disponibilité des acteurs m’ont également appris à anticiper les raccords de regard, les cadrages et la continuité afin de créer au montage une interaction qui n’avait jamais réellement eu lieu sur le plateau.
La nécessité de rendre crédible cet environnement m’a surtout poussé à développer moi-même des solutions de CGI, d’incrustation sur fond vert et de compositing dans After Effects. J’ai découvert qu’une contrainte de production pouvait ainsi devenir une occasion d’élargir mes compétences techniques au service de la mise en scène.